la grande guerre

musée Louis Pergaudmusée Louis Pergaud

Le 3 août 1914, le sergent Pergaud rejoignait son régiment d'affectation le 166e R.I à Verdun. Au début d'octobre, il recevait le baptême du feu à la Côte 233 à Marcheville dans la Woëvre. Il participait ensuite courageusement à plusieurs mêlées meurtrières.
Rude homme des champs, rude écrivain, rude soldat, il observait, prenait des notes, accumulait les impressions, pour le livre de guerre qu'il se promettait d'écrire.

Dans les instants les plus tragiques, il restait fidèle à ses amitiés. Les lettres écrites à sa femme du 3 août 1914 au 7 avril 1915, ont été publiées, elles sont de première importance pour qui veut pénétrer Louis Pergaud et révèlent chez lui une bonté et une délicatesse que ses livres ne laissent pas toujours soupçonner. C'est tendrement qu'il s'informe de la santé de son chat Toto : "N'oublie pas de caresser Toto et de l'embrasser pour moi."

Il découvre à nouveau le charme de la nature "la forêt autour de nous ruisselle de tous les ors les plus splendides."

Il garde sa bonne humeur, malgré la vie dure.
Il écrit le 4 octobre 1914 : "J'ai passé une première nuit sous le bois dans une hutte de branchages, confectionnée à la hâte, mais je vais l'aménager savamment aujourd'hui, selon la science acquise jadis au temps de la Guerre des Boutons."

Le 6 décembre il ironise: "Voici quatre mois que je n'ai couché dans un lit mais on s'habitue si bien à la paille ! et dans un sac de couchage confectionné par Delphine, je dors comme un prince."

Le soir du 7 avril, à 8 heures, l'ordre arrivait de partir immédiatement pour Fresnes en Woëvre.
Par une pluie battante, la compagnie recevait l'ordre d'attaquer la Côte 233 à 2 heures du matin. A l'heure indiquée, Louis Pergaud et les hommes de sa section, la première, sortaient de la tranchée de départ.
Après avoir franchi deux rangs de fils de fer dans lesquels l'artillerie avait fait des brèches, les hommes se sont retrouvés en face d'un troisième rang de fils barbelés que l'artillerie avait laissé intacts, à quelques mètres de la tranchée ennemie.

Aussitôt une fusillade nourrie décima les assaillants, faisant beaucoup de morts et de blessés qui furent prisonniers.

Aux premières lueurs du jour, les rescapés purent se replier. Les débris de la section de Louis Pergaud rentrèrent seuls, leur chef n'était pas avec eux.
D'après des témoignages, il avait été blessé au pied au moment où il commandait : en avant ! à sa section. C'est tout ce que l'on savait de sa fin. Louis Pergaud fut porté disparu.
Les mois, les ans, la guerre, la paix ont passé, il fallut se rendre à l'évidence, le combattant de Marcheville n'est jamais revenu.

Comme des milliers d'autres morts de la grande tuerie, il n'eut pas de tombe.

Une galerie du musée retrace ce terrible moment de notre histoire au travers de documents originaux.